Le stade rouge – Magique-Mythique
Tandis que le soi se sépare de ce qui l’entoure, il commence à se préoccuper de sa sécurité et de la façon de se protéger. C’est pourquoi il développe des pulsions de pouvoir très importantes. Ce stade est appelé « PowerGods » (Dieux de pouvoir) dans le modèle développemental de la Spirale Dynamique. La quête de pouvoir de la personne, en tant que carte cachée ou règles de grammaire inconscientes, contrôle le comportement. Ainsi, elle crée ses propres lois, sous l’influence de quête de sécurité et de pouvoir. Elle voit le monde en termes de la survie du plus fort.
Les trois premiers stades sont tous « narcissiques » et « egocentriques », en cela qu’ils sont bloqués dans la perspective à la première personne « moi/mon/ma », ils sont incapables de se placer dans la peau des autres et de prendre leurs points de vue. Cette capacité n’apparaît qu’au niveau 4. Nous connaissons tous des personnes qui sont encore bloquées à ce stade d’une façon ou d’une autre, et ils sont probablement source de réelle irritation dans notre vie. Pourquoi ? Parce que leur carte cachée, leur grammaire fondamentale, ne reconnaît même pas l’existence réelle d’une autre personne, vous inclus (c’est pourquoi vous ne vous sentez jamais vu par ce type de personne). Elles ne sont tous simplement pas capables de le faire, c’est pourquoi elles ne le font pas.
Il se peut très bien que vous ayez en vous une certaine dose de cette carte cachée guidée par le pouvoir. Il existe probablement certain domaine de votre vie, même tout petit, qui réactive ce stade et vous laisse aux prises avec cette pulsion auto-centrée de pouvoir et de contrôle. Remémorez-vous certaines occasions où cela s’est effectivement produit, ou bien focalisez-vous simplement, aussi directement que possible, sur le sentiment de pur pouvoir illimité sur les gens, être capable de les contrôler, d’être totalement en charge. Vous contrôlez les choses ! Imaginez-vous marchant à travers un grand groupe de personnes, et avec votre pouvoir pur non dilué, faites-les se courber devant vous au passage, et imaginez-les tous inférieurs, tellement moins que votre soi étonnant et si puissant. Ressentez l’exubérance pure de forcer les autres à faire exactement ce que vous voulez et quels loosers ils sont pour cela. Vous pouvez avoir tout ce que vous voulez – la gloire, la fortune, toutes les femmes du monde et tous les hommes mourant à vos pieds pour vous courtiser, des voitures, des yachts, des maisons dans le monde entier, simplement parce que vous êtes allées les chercher et que vous les avez pris. Vous êtes vraiment invincible, vous êtes totalement en sécurité, protégé – tout cela grâce à votre pouvoir impénétrable.
Puis garder ce sentiment ou cette image dans votre conscience, et pratiquez la pleine conscience avec cela comme objet. Qu’est-ce que ça fait, ce désir de pouvoir, de contrôle pur ? A quoi est-ce que cela ressemble ? De quelle couleur est-ce ? Où cela se trouve-t-il dans votre corps et qu’est-ce qui le déclenche ? Faites une vidéo soigneuse, jusqu’à ce que vous deveniez familier avec chaque coin de ce sentiment, de cette pulsion, de ce besoin. Voyez ce sujet caché comme un objet de conscience, et gardez-le avec constance, non pas comme un sujet à travers lequel vous voyez et ressentez le monde, mais comme un objet que vous examinez. Vous n’êtes plus identifié avec lui, vous l’avez laissé tomber, vous avez lâché prise sur lui, vous vous êtes détaché, vous l’avez transcendé. C’est cela, la Pleine conscience Intégrale.
Soyez vigilant à toutes ces pulsions de pouvoir auto-glorifiantes qui continuent à survenir dans votre conscience. C’est par exemple une addiction au pouvoir, y compris des formes exagérées d’activités qui seraient saines par ailleurs (arts martiaux, affaires, rois des réseaux sociaux…).
A l’inverse, se trouve l’extrême opposé de l’allergie au pouvoir où l’on réprime son propre pouvoir, où on le donne aux autres et on sent que l’autre prend le pouvoir sur nous ; c’est notre propre pouvoir d’ombre qui revient.
Des impulsions de pouvoir se montrent aussi sous forme de critique intérieure, qui vous fait vous sentir inférieur, bon à rien, un looser. Pour contacter cette sous-personnalité, il existe la méthode du dialogue intérieur. Ecrivez un dialogue entre votre soi et ce « contrôleur interne » en commençant par exemple à demander au contrôleur ce qu’il veut, pourquoi il est si critique et pourquoi il veut toujours vous contrôler. Puis répondez en prenant le rôle du contrôleur. Pratiquement chacun possède cette critique intérieure à un degré ou à un autre. A l’origine, il a été créé en introjectant (l’opposé de la projection), c’est-à-dire en s’identifiant avec les idées, jugements, critiques, méchancetés provenant d’autres personnes, et qui possèdent des caractéristiques de l’âge auquel ils ont été introjectés – souvent magenta magique ou rouge magique-mythique.
Cela peut être abordé par la psychanalyse ou d’autres thérapies avec un professionnel pour en connaître les causes.
Mais en ce qui concerne la pleine conscience, la seule tâche est d’être conscient de ces critiques intérieures, de voir ce sujet caché comme un objet de conscience, de le regarder plutôt que de regarder à travers lui, et quoi qu’il en soit d’en faire une vidéo détaillée. Ne vous préoccupez pas de le comprendre mais seulement de l’examiner. Et donc utilisez le dialogue pour amener à la surface autant de critique intérieure que possible, puis effacez-la au laser grâce à la pleine conscience. Vous pouvez faire l’exercice du dialogue une fois par jour pendant une semaine ou deux, puis espacer par la suite. Mais dans tous les cas, amenez simplement cela à la conscience, examinez-le, ressentez-le simplement. Ne vous préoccupez pas de le comprendre ou d’en connaître les origines. Il se peut que cela apparaisse, dans ce cas faites-en un sujet de pleine conscience. Tout ce qui est demandé est de faire de ce sujet caché un objet de ressenti conscient, et ainsi de commencer votre désidentification fondamentale avec cette sous-personnalité interne qui vous cause tant de mal.
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